L’article en bref
La catégorie A2 drone concerne les appareils de 900 grammes à 4 kilogrammes avec des règles strictes de sécurité.
- Équipements obligatoires : Remote ID, géofencing, mode basse vitesse limité à 3 m/s permettant une distance minimale de 5 mètres aux personnes
- Distances de sécurité : 30 mètres en conditions normales, 5 mètres en mode basse vitesse, hauteur maximale 120 mètres
- Formation requise : examen théorique BAPD avec 75 % minimum de bonnes réponses sur 30 questions, coûte 30 euros, valide 5 ans
- Obligations administratives : enregistrement AlphaTango obligatoire, numéro FRA et UAS-FR à apposer, assurance responsabilité civile impérative, âge minimum 14 ans
- Sanctions sévères : jusqu’à 1 an d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende en cas de violation des règles
Vous vous intéressez aux drones et vous tombez sur ce terme : catégorie A2 drone. Trois lettres, un chiffre, et soudain tout se complique. Rassurez-vous, j’ai accompagné des dizaines de pilotes débutants dans leur découverte de la réglementation, et je vous garantis que c’est bien plus simple qu’il n’y paraît. Alors, décortiquons tout ça ensemble.
Qu’est-ce que la sous-catégorie A2 pour les drones ?
La sous-catégorie A2 fait partie de la catégorie OPEN, définie par le Règlement d’exécution (UE) 2019/947. Ce texte européen encadre les opérations de drones à faible risque dans toute l’Union européenne. Concrètement, cette sous-catégorie concerne les drones de classe C2, c’est-à-dire des appareils dont la masse maximale au décollage est comprise entre 900 grammes et 4 kilogrammes.
Pourquoi cette classe en particulier ? Parce qu’un drone de cette taille peut causer des dommages réels en cas d’accident. C’est donc un niveau intermédiaire, entre le petit drone de loisir et l’appareil professionnel lourd soumis à des catégories encore plus strictes.
Les équipements obligatoires d’un drone C2
Pour qu’un drone soit homologué en sous-catégorie A2, il doit embarquer plusieurs systèmes. L’identification à distance (Remote ID) est indispensable : elle permet aux autorités de vous identifier en temps réel. Le drone doit aussi disposer d’un système de limitation de hauteur (Geofencing), d’un système de géovigilance, et surtout d’un mode basse vitesse.
Ce mode basse vitesse est vraiment la pièce maîtresse de la sous-catégorie A2. Il limite la vitesse à 3 mètres par seconde, soit 10,8 km/h environ. En dehors de ce mode, la vitesse maximale autorisée grimpe à 19 mètres par seconde. La différence est énorme — et elle change tout aux distances de sécurité que je vous explique juste après.
Les distances de sécurité à respecter
C’est ici que la catégorie A2 drone se distingue vraiment des autres. En conditions normales, vous devez maintenir 30 mètres de distance horizontale minimale vis-à-vis de toute personne non impliquée dans votre opération. Activez le mode basse vitesse, et cette distance tombe à 5 mètres minimum. C’est considérable.
Une règle simple à retenir : pour chaque mètre d’altitude supplémentaire, vous devez ajouter un mètre de distance horizontale. C’est la règle 1 :1. Et quoi qu’il arrive, le survol de rassemblements de personnes reste interdit, mode basse vitesse ou non. La hauteur maximale de vol est de 120 mètres au-dessus du point le plus proche de la terre.
Le vol doit obligatoirement s’effectuer en VLOS (Visual Line Of Sight), c’est-à-dire à vue directe, sans assistance optique. Pas question de piloter derrière un bâtiment ou en FPV intégral sans observateur.
Les applications concrètes de la sous-catégorie A2
Cette sous-catégorie cible avant tout les usages professionnels : prises de vues urbaines ou périurbaines, inspection thermique, photographie et vidéographie, missions topographiques, ou encore inspection d’infrastructures. J’ai personnellement vu des équipes utiliser cette qualification pour des chantiers de rénovation de toiture — la proximité possible avec les équipes au sol change tout à la qualité des images.
| Condition de vol | Distance minimale aux personnes | Vitesse max. |
|---|---|---|
| Conditions normales | 30 mètres | 19 m/s |
| Mode basse vitesse activé | 5 mètres | 3 m/s (10,8 km/h) |
Qualifications, examen et obligations légales
Piloter en sous-catégorie A2 ne s’improvise pas. Pour savoir si vous avez besoin d’un permis pour piloter un drone, la réponse est clairement oui ici. Trois composants composent la qualification requise.
Le parcours de formation complet
D’abord, la formation de base A1/A3, disponible gratuitement sur le portail AlphaTango. Elle couvre la sécurité aérienne, la réglementation européenne et la protection de la vie privée. Ensuite, une auto-formation pratique déclarative — vous vous exercez dans le cadre de la sous-catégorie A3, à au moins 150 mètres des zones résidentielles, commerciales, industrielles et récréatives. Enfin, le sésame principal : l’examen théorique complémentaire OPEN A2, appelé BAPD (Brevet d’Aptitude de Pilote à Distance).
- Valider la formation gratuite A1/A3 sur AlphaTango
- Réaliser l’auto-formation pratique en sous-catégorie A3
- Réussir l’examen théorique OPEN A2 (BAPD)
Pour obtenir votre permis de pilote de drone étape par étape, ce parcours est incontournable. L’examen comporte 30 questions à choix multiples, dure au maximum une heure, et exige 75 % de bonnes réponses (moins de 8 fautes). Il coûte 30 euros et se passe en ligne avec surveillance audio-vidéo, ou dans des centres Code’nGo. La Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) supervise cet examen en France. Le BAPD obtenu reste valable 5 ans.
Les obligations administratives de l’exploitant
L’enregistrement sur AlphaTango est obligatoire pour tout exploitant utilisant un UAS supérieur à 250 grammes. Vous recevez un numéro FRA suivi de 13 caractères, à apposer lisiblement sur votre drone. Pour un drone C2 (masse supérieure à 800 grammes), un second numéro UAS-FR à 4 caractères est requis. Nom, prénom, adresse et téléphone doivent également figurer sur l’appareil. Une assurance responsabilité civile couvrant les risques aériens est impérative. L’âge minimum pour opérer en catégorie ouverte en France est fixé à 14 ans.
Sanctions et cadre légal
Ne prenez pas ces règles à la légère. Utiliser un drone en violation des règles de sécurité expose à 1 an d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Survoler une zone interdite par négligence ? C’est 6 mois d’emprisonnement et 15 000 euros. En cas de survol volontaire ou de refus de se conformer aux autorités, les peines montent à 1 an et 45 000 euros. Pour consulter les zones interdites ou réglementées, le Système d’Information Aéronautique (SIA) est votre référence en France.
Se former sérieusement pour voler en sous-catégorie A2
Valider un certificat théorique ne fait pas de vous un pilote professionnel. C’est une réalité que je répète souvent : savoir faire voler un drone ne suffit pas. Maîtriser le risque opérationnel au sol et en l’air, préparer ses missions, connaître l’environnement aérien — tout cela demande un vrai travail.
Pour choisir la bonne formation pour devenir pilote de drone, plusieurs formules existent. OVS FORMA propose des formations professionnelles OPEN A2 éligibles OPCO, FAF, et CPF. Prepa-Drone offre aussi des parcours en ligne adaptés. La DGAC ne suggère pas de formation gratuite pour le BAPD — contrairement à l’examen A1/A3 — donc un centre de formation privé peut vraiment faire la différence.
Depuis le 1er janvier 2026, une nouveauté significative s’applique en France : il est désormais possible de piloter un drone C2 en agglomération et zone peuplée, à condition que la mission ait un but professionnel. Auparavant, l’arrêté Espace du 3 décembre 2020 encadrait très strictement ces vols hors des espaces privés. Cette évolution ouvre de nouvelles perspectives pour les professionnels de l’image ou de l’inspection urbaine — une opportunité à saisir avec une formation solide.
Sources — wiki drone — viki de drone UAV
